Paix et Droits de l'homme

Combattre l'injustice et l'arbitraire pour construire la Paix

Communiqués de presse

La Campagne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) du Congo-Brazzaville exprime son ressenti au sujet de l’écart constaté entre les investissements sanitaires prévus dans les budgets 2020, 2021 et 2022 et la situation de terrain caractérisée par un pourcentage d’exécution physique quasiment nul et une très faible application de la gratuité de la césarienne et du traitement du paludisme de la femme enceinte révélant ainsi une offre sanitaire qui, plutôt que de s’améliorer au gré de ces engagements financiers, reste paradoxalement insuffisante et insatisfaisante.

Déclarations

Rapports

Dans le cadre de son plaidoyer pour la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus publics, PCQVP Congo poursuit son action de suivi des investissements publics dans le secteur de la santé. Dans le souci de renforcer l’amélioration de l’offre et de la qualité des soins de santé, PCQVP Congo a réalisé sa huitième étude sur les investissements publics dans le secteur de la santé.

Derniers articles

Le Conseil des ministres, réuni le samedi 7 octobre 2023, a entériné les mesures d’accompagnement et d’atténuation en lien avec l’augmentation des prix du
carburant, notamment le gazole dont le prix a connu une augmentation d’abord de 5% en janvier 2023, puis de 25% au cours du mois d’octobre 2023, soit 625 FCFA à la pompe courant octobre 2023.
Publiez Ce Que Vous Payez-Congo se félicite des efforts, dans la recherche des solutions visant aussi bien l’atténuation des impacts négatifs de cette augmentation que du maintien du pouvoir d’achat des ménages, du moins dans leur intention.

EDITO

Gouverner pour l'impact

En 2010, le Congo bénéficiait du programme PPTE – Pays Pauvre Très Endetté – grâce à un appui du Fonds Monétaire lntemational (FMI) et des différents bailleurs du Congo. Sa dette était alors l’une des plus importantes au monde. Injustifiée en l’absence des effets positifs qu’elle aurait dû entrainer, ladite dette a été substantiellement annulée par le programme PPTE en permettant (en principe) au pays de financer la lutte contre la pauvreté, selon son dispositif.

Moins de dix ans après cette annulation, le Congo s’est de nouveau retrouvé dans une situation d’endettement majeur, vis-à-vis de la chine et des traders. Ce contexte questionne forcément, en particulier sur la nature, les objectifs et la pertinence de la gouvernance publique dans le pays. En effet, face à une situation paradoxale et inexplicable au regard de l’importance des revenus de la dernière décennie, il est simplement inconcevable que le Congo connaisse une situation de précarité si criarde. L’on est alors en droit de s’interroger légitimement, de ce qu’il est advenu des revenus issus de la vente de nos ressources naturelles.

Mieux, d’un accord à un autre, tant avec les partenaires privés que publics, avec les institutions intemationales comme le FMI, le quotidien des congolais devrait être positivement impacté, et les citoyens bénéficieraient des retombées de l’exécution des programmes consécutifs à l’appui accordé au Congo. Or tel n’est pas le cas, la situation sociale allant en s’empirant. Il est donc urgent d’assurer que l’on passe de la gouvernance spectacle à une gouvemanoe des résultats ou de l’impact. Ce qui clairement appelle de notre part un certain nombre de considérations :

  • Le respect des engagements. Comment concevoir le développement, lorsque les accords, conventions et autres traités sont signés, mais leurs dispositions ne sont ni exécutées, ni appliquées, voire exécutées à minima.
  • Appropriation des engagements. Cela implique par exemple l’adoption des textes d’application des lois adoptées comme le code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques. Mais encore et surtout, le pays devrait intégrer dans son droit positif les dispositions des conventions librement ratifiées, comme La Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la Lutte contre la Corruption, et la Charte Africaine de la Démocratie, les Ë.lections et la Gouvemance.
  • Le respect de la parole donnée. Ceci rappelle que la parole publique est sacrée. Une fois que l’autorité annonce, constate, interpelle, promet etc, l’effet suivant devrait se mesurer en termes de résultats quantifiables et mesurables. Or, la pratique publique au Congo concède aux gouvernants des droits et non des devoirs, moins encore la redevabilité.

Gouverner pour l’impact nécessite un minimum de respect de la liberté de ceux que l’on gouverne. Car, sans cette liberté, les citoyens ne pourraient objectivement évaluer l’action publique et la censurer, dans le cas où cette action dériverait sur des pratiques à l’opposé des principes démocratiques.

D’autre part, gouverner juste pour gouvemer, voire gouverner pour le pouvoir conduit à des abus, et réduit l’être humain à l’état de sous homme, non bénéficiaire de droits. Or, il est fondamental de se souvenir que  « tous les êtres humains naissent libres et égaux, en dignité et en droits». Finalement, la gouvemance pour l’impact doit viser cette affirmation du 1er article de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

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Christian Mounzeo
Coordonnateur Natlonal RPDH

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