Paix et Droits de l'homme

Combattre l'injustice et l'arbitraire pour construire la Paix

Communiqués de presse

La Campagne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) du Congo-Brazzaville exprime son ressenti au sujet de l’écart constaté entre les investissements sanitaires prévus dans les budgets 2020, 2021 et 2022 et la situation de terrain caractérisée par un pourcentage d’exécution physique quasiment nul et une très faible application de la gratuité de la césarienne et du traitement du paludisme de la femme enceinte révélant ainsi une offre sanitaire qui, plutôt que de s’améliorer au gré de ces engagements financiers, reste paradoxalement insuffisante et insatisfaisante.

Déclarations

Rapports

Dans le cadre de son plaidoyer pour la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus publics, PCQVP Congo poursuit son action de suivi des investissements publics dans le secteur de la santé. Dans le souci de renforcer l’amélioration de l’offre et de la qualité des soins de santé, PCQVP Congo a réalisé sa huitième étude sur les investissements publics dans le secteur de la santé.

Derniers articles

Dans une manifestation concertée de solidarité internationale, 240 organisations, universitaires et défenseurs des droits humains ont publié aujourd’hui une lettre ouverte exigeant la libération de l’expert anti-corruption détenu, Gubad Ibadoghlu, actuellement assigné à résidence en Azerbaïdjan.

Le Dr Ibadoghlu est un éminent défenseur de la lutte contre la corruption, résident du Royaume-Uni et chercheur invité à la London School of Economics (LSE). Les autorités azerbaïdjanaises l’ont arrêté le 23 juillet 2023 pour des accusations non fondées de contrefaçon de monnaie et de lien avec le terrorisme, et il a été maintenu en détention provisoire pendant 9 mois avant d’être assigné à résidence le 22 avril 2024. Son procès doit s’ouvrir le 20.

« La Coalition CNUCC et 239 autres signataires exigent avec insistance la libération immédiate et inconditionnelle de notre ami et collègue Gubad Ibadoghlu », a déclaré Mathias Huter, directeur général de la Coalition CNUCC.

« Gubad est membre de notre réseau et une voix importante dans le mouvement mondial anti-corruption. Les accusations portées contre lui sont sans fondement et semblent être une tentative des autorités azéries de saper la société civile et de faire taire les voix critiques anti-corruption.

Le Dr Ibadoghlu souffre de diabète, de maladies cardiaques et d’hypertension artérielle, qui se sont tous considérablement aggravés pendant son séjour en prison en raison des soins inadéquats prodigués par les autorités azerbaïdjanaises. Il court désormais un risque sérieux de souffrir d’une crise cardiaque s’il ne reçoit pas rapidement les soins médicaux appropriés.

Gubad est un éminent défenseur de la lutte contre la corruption en Azerbaïdjan. Il a dénoncé une corruption importante dans les secteurs pétroliers et gaziers du pays, plaidé pour la transparence budgétaire et encouragé la saisie d’actifs volés et cachés à l’étranger par des oligarques azéris. Il a également créé une fondation éducative au Royaume-Uni pour convertir les biens saisis en bourses pour les étudiants azéris.

« Il est consternant qu’un homme qui a consacré sa vie à promouvoir le bien-être du peuple azéri subisse aujourd’hui des conséquences aussi désastreuses. Les accusations portées contre Gubad sont sans fondement et les autorités azéries devraient les abandonner immédiatement », a déclaré Huter.

La lettre ouverte d’aujourd’hui est signée par 164 organisations et 76 personnalités de premier plan, dont Transparency International et Publiez ce que vous payez (PCQVP), entre autres.

La lettre a été envoyée aux autorités azéries et aux gouvernements qui suivent cette affaire à travers le monde. Parmi les destinataires de la lettre figurent les États-Unis, l’actuel président de la Conférence des États parties à la CNUCC ; le Royaume-Uni, où Gubad résidait au moment de son arrestation ; et l’Union européenne, dont le Parlement a récemment adopté une résolution appelant les institutions européennes à faire davantage pour soutenir la cause de Gubad.

« La Coalition de la CNUCC appelle la communauté internationale à prendre des mesures rapides et décisives pour protéger la santé et la liberté de Gubad Ibadoghlu et de tous les autres prisonniers politiques qui croupissent actuellement dans les prisons azerbaïdjanaises. Nous appelons l’Azerbaïdjan – en tant qu’hôte de la prochaine COP sur le climat – à respecter ses obligations internationales en matière de droits de l’homme et à garantir un environnement sûr et favorable aux militants de la société civile, aux journalistes et aux défenseurs des droits de l’homme », a conclu Huter.

« Cet acharnement contre un militant anti-corruption  est de nature à révéler le vrai visage de la démocratie en Azerbaïdjan. La Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) et la Campagne Publiez ce que vous payez au Congo appellent ainsi les autorités à améliorer l’espace civique en décidant de la mise en liberté pure et simple de Gubad, ce sera un signal fort d’une reprise en main de leur ambition démocratique » a souligné Christian Mounzeo, Coordonnateur National de RPDH et de PCQVP Congo.

 

À propos de la Coalition CNUCC

La Coalition UNCAC est un réseau mondial de plus de 400 organisations de la société civile qui œuvrent à promouvoir le suivi et la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Il constitue l’un des réseaux de la société civile anti-corruption les plus importants et les plus actifs au monde.

 

À propos de la RPDH

La RPDH est une organisation de promotion et défense des droits humains, de promotion de la gouvernance et de lutte contre la corruption au Congo, section de Transparency International

EDITO

Gouverner pour l'impact

En 2010, le Congo bénéficiait du programme PPTE – Pays Pauvre Très Endetté – grâce à un appui du Fonds Monétaire lntemational (FMI) et des différents bailleurs du Congo. Sa dette était alors l’une des plus importantes au monde. Injustifiée en l’absence des effets positifs qu’elle aurait dû entrainer, ladite dette a été substantiellement annulée par le programme PPTE en permettant (en principe) au pays de financer la lutte contre la pauvreté, selon son dispositif.

Moins de dix ans après cette annulation, le Congo s’est de nouveau retrouvé dans une situation d’endettement majeur, vis-à-vis de la chine et des traders. Ce contexte questionne forcément, en particulier sur la nature, les objectifs et la pertinence de la gouvernance publique dans le pays. En effet, face à une situation paradoxale et inexplicable au regard de l’importance des revenus de la dernière décennie, il est simplement inconcevable que le Congo connaisse une situation de précarité si criarde. L’on est alors en droit de s’interroger légitimement, de ce qu’il est advenu des revenus issus de la vente de nos ressources naturelles.

Mieux, d’un accord à un autre, tant avec les partenaires privés que publics, avec les institutions intemationales comme le FMI, le quotidien des congolais devrait être positivement impacté, et les citoyens bénéficieraient des retombées de l’exécution des programmes consécutifs à l’appui accordé au Congo. Or tel n’est pas le cas, la situation sociale allant en s’empirant. Il est donc urgent d’assurer que l’on passe de la gouvernance spectacle à une gouvemanoe des résultats ou de l’impact. Ce qui clairement appelle de notre part un certain nombre de considérations :

  • Le respect des engagements. Comment concevoir le développement, lorsque les accords, conventions et autres traités sont signés, mais leurs dispositions ne sont ni exécutées, ni appliquées, voire exécutées à minima.
  • Appropriation des engagements. Cela implique par exemple l’adoption des textes d’application des lois adoptées comme le code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques. Mais encore et surtout, le pays devrait intégrer dans son droit positif les dispositions des conventions librement ratifiées, comme La Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la Lutte contre la Corruption, et la Charte Africaine de la Démocratie, les Ë.lections et la Gouvemance.
  • Le respect de la parole donnée. Ceci rappelle que la parole publique est sacrée. Une fois que l’autorité annonce, constate, interpelle, promet etc, l’effet suivant devrait se mesurer en termes de résultats quantifiables et mesurables. Or, la pratique publique au Congo concède aux gouvernants des droits et non des devoirs, moins encore la redevabilité.

Gouverner pour l’impact nécessite un minimum de respect de la liberté de ceux que l’on gouverne. Car, sans cette liberté, les citoyens ne pourraient objectivement évaluer l’action publique et la censurer, dans le cas où cette action dériverait sur des pratiques à l’opposé des principes démocratiques.

D’autre part, gouverner juste pour gouvemer, voire gouverner pour le pouvoir conduit à des abus, et réduit l’être humain à l’état de sous homme, non bénéficiaire de droits. Or, il est fondamental de se souvenir que  « tous les êtres humains naissent libres et égaux, en dignité et en droits». Finalement, la gouvemance pour l’impact doit viser cette affirmation du 1er article de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

phmounzeo
Christian Mounzeo
Coordonnateur Natlonal RPDH

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