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Concertation œcuménique sur le scrutin présidentiel de mars 2021 en République du Congo: Les Eglises Catholique et Evangélique décidées à suivre le processus électoral

« Quelle stratégie mettre en place par les Eglises Catholique et Evangélique du Congo pour le suivi de l’élection présidentielle du 21 mars 2021 ? » Telle est la question à laquelle ont répondu les Responsables de ces deux Eglises lors de leur Concertation sur les élections tenue le 22 février 2021, dans la Salle de Conférences de la Commission Episcopale de l’Education Catholique Chrétienne (ACCEDUC), à Brazzaville, sis au Centre Interdiocésain des Œuvres (CIO).

Organisée à l’initiative de l’Action Evangélique Pour la Paix (AEP) et la Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP) avec la participation de Tournons La Page-Congo (TLP-Congo), vingt-cinq (25) personnes ont participé à cette concertation parmi lesquelles, des Pasteurs de L’Eglise Evangélique du Congo (EEC), des Evêques de l’Eglise Catholique, des prêtres et des fidèles laïcs.

Ouvrant les travaux, Monseigneur Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville et Président du Conseil Œcuménique des Eglises du Congo, a circonscrit l’événement en soulignant le contexte socio-politique dans lesquel se sont tenus les différents processus électoraux de ces deux dernières décennies. C’est dans cet élan qu’il est revenu sur la mission prophétique qui est tenue de prendre position sur les questions de société comme en témoigne le message du 02 février 2021 délivré par la Conférence des Evêques du Congo (CEC) sur la tenue de l’élection présidentielle qui se profile à l’horizon.

Après le mot d’ouverture de Monseigneur Anatole Milandou, Pasteure Nelly MFOUTOU KADO et l’Abbé Félicien MAVOUNGOU, respectivement Coordonnatrice Nationale de l’AEP et Coordonnateur de la CEJP ont commenté les objectifs de ladite concertation avant de faire connaître leurs attentes en tant qu’organisateurs.

 

Pasteure Nelly MFOUTOU KADO et l’Abbé Félicien MAVOUNGOU

Quatre (04) communications ont meublé cette grand-messe du donner et du recevoir.

La première a eu pour thème : Pourquoi observer l’élection du 21 mars 2021 ? Elle a été faite avec maestria par monsieur Christian MOUNZEO, Coordonnateur National de la Rencontre Pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) et Vice-Coordonnateur National de TLP-Congo. Ce dernier a relevé que l’ « Eglise a un devoir de vérité et ne pourrait se permettre de critiquer un processus qu’elle n’a pas suivi. » Mais il y va également d’un autre impératif, celui de préserver l’intégrité du processus et de susciter la confiance des populations en vue d’une participation active. Toutefois, a-t-il souligné que la qualité d’une bonne observation dépend de la qualité de la formation qui sera donnée aux personnes qui seront déployées sur le terrain, le moment venu. Il n’a pas manqué d’assaisonner son argumentaire avec des textes juridiques internationaux, régionaux et nationaux relatifs aux élections.

La deuxième communication relative à la présentation du rapport de TLP-Congo sur la gouvernance électorale, a été faite par monsieur Alain Didié Cyriaque LOUGANANA, Chargé de Programme de TLP-Congo. Dans un langage clair et un style très engagé, l’intervenant a relevé les raisons qui ont conduit TLP-Congo à écrire ce rapport. Après avoir fixé l’auditoire sur ce que c’est que la gouvernance électorale, il a dégagé les forces et les faiblesses de la gouvernance électorale au Congo en passant en revue la question du nettoyage du fichier électoral, de la mise en place d’un découpage électoral juste et équitable, de la réforme de la Commission chargée d’organiser les élections pour qu’elle devienne véritablement indépendante sans oublier la question de l’indépendance de la Cour Constitutionnelle. Des questions connexes à la gouvernance électorale, notamment le rôle de l’internet et des réseaux sociaux, des opérateurs de téléphonie mobile, le rôle des médias dans leur diversité, le positionnement de la Force Publique, et la participation effective de la société civile ont été passés au peigne fin, vu les enjeux qu’elles comportent. Enfin, l’orateur a souligné que l’amélioration de la gouvernance électorale passe aussi par la libération des détenus politiques et le règlement définitif de la crise sécuritaire dans le département du Pool.

La troisième communication a été faite par monsieur Brice MACKOSSO, Secrétaire Permanent de la Commission Justice et Paix de Pointe Noire (CJP-PNR) et Coordonnateur National de TLP-Congo. Dans son adresse, l’intervenant a répondu en des termes très accessibles à la question suivante : Comment observer les élections ? En effet, il a, non seulement détaillé toute la stratégie mise en place par TLP-Congo pour la couverture du territoire national, la communication et la compilation des résultats, mais aussi pour l’obtention des accréditations en vue de l’observation de l’élection du 21 mars 2021. En outre, il a fait savoir aux participant(e)s que des informations complémentaires leur parviendront dans les tous prochains jours.

Enfin, au cours de la quatrième communication développée par monsieur Junior BANSEVILA, les participant(e)s ont eu droit à une séance de renforcement des capacités techniques en matière de communication en période électorale.

L’ossature des échanges qui ont suivi les communications ont porté sur : l’utilité d’observer une élection dont tout le monde connaît déjà le vainqueur ; les vrais moyens à mettre en œuvre pour mobiliser le corps électoral; les risques de fraude que comporte la loi autorisant le vote des agents de la Force Publique ; le rôle que doit jouer le Conseil Œcuménique des Eglises du Congo dans la mobilisation des fidèles à participer au processus électoral. Des réponses ont été apportées à toutes ces préoccupations.

 

Rappelons que cette concertation sur les élections fait suite à une première qui s’est tenue à Brazzaville le 7 juillet 2020.

 

Par Alain Didié Cyriaque LOUGANANA.

 

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