Depuis 2019, l’exportation de grumes de bois congolais se poursuit malgré la législation en vigueur, grâce à des conventions signées entre le gouvernement et certaines sociétés forestières. Ces accords prévoient des autorisations spéciales d’exportation, fixant les volumes autorisés, les taxes générées et les projets d’infrastructures (routes, écoles, ponts) que les entreprises doivent financer.
Cependant, ces pratiques soulèvent de fortes inquiétudes en matière de transparence et de gouvernance forestière au Congo. Bien que la loi de 2017 impose la publication de ces accords, ils restent confidentiels, alimentant les soupçons de corruption et d’opacité administrative.
Un lanceur d’alerte issu du ministère de l’économie forestière révèle que seules les hautes autorités ont accès à ces documents. Il évoque également des avantages financiers suspects perçus par certains responsables lors des négociations avec des sociétés, notamment à capitaux chinois, ayant bénéficié de dérogations d’exportation de bois.
L’absence d’audit indépendant sur les projets d’infrastructures annoncés renforce les doutes sur l’utilisation réelle des fonds. Selon plusieurs estimations, entre 50 % et 75 % du bois congolais est exporté vers la Chine, soulignant l’ampleur du phénomène et les enjeux économiques et politiques liés à l’exploitation forestière.
Face à cette situation, la société civile, les médias et les contribuables dénoncent un système opaque et appellent à une meilleure transparence dans la gestion des ressources forestières en Afrique.
Une enquête menée par Berdy PAMBOU et Laure De Matos. (TV5 Monde)
