L’activiste Jonas Fred Makita est toujours en détention arbitraire depuis plus de trois mois et demi à la maison d’arrêt de Dolisie, sans jugement. Il a été interpellé le 9 janvier 2026 pour « outrage à magistrat et diffamation contre une institution ». À la suite d’une visite à la prison du 8 au 11 avril 2026, le Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) s’interroge sur son maintien en détention dans une circonscription judiciaire dessaisie, alors que son état de santé se dégrade constamment.
En dépit d’une décision de la Cour Suprême datée du 20 février 2026, dessaisissant la juridiction de Dolisie au profit de celle de Ouesso, distante de 1110 kilomètres, Jonas Fred Makita demeure maintenu en détention à Dolisie. Ce dessaisissement fait suite aux exceptions d’incompétence soulevées par les avocats de la défense, compte tenu du lieu de résidence et de la commission présumée de l’infraction par l’accusé.
Dans l’entretemps, ses conditions de détention sont particulièrement inquiétantes. En effet, l’activiste a déclaré avoir fait l’objet de traitements inhumains et dégradants, y compris un passage à tabac. Conséquemment, il présente encore à ce jour des stigmates corporels visibles, notamment des abcès au niveau de la plante des pieds, sans qu’il n’ait eu l’opportunité de rencontrer un médecin.
Le RPDH a également constaté un régime carcéral strict et discriminatoire à son encontre, notamment la réduction des visites à deux jours par semaine, assujetties, pour tout visiteur autre que son épouse, à l’approbation préalable du régisseur de la maison d’arrêt. Par ailleurs, l’accès au téléphone lui est strictement interdit, alors que d’autres détenus peuvent en disposer librement.
