Paix et Droits de l'homme

Combattre l'injustice et l'arbitraire pour construire la Paix

26 mars 2015

ATTEINTE AUX LIBERTES D’ASSOCIATION ET DE REUNION AU CONGO: LA RPDH INTERDITE DE REUNION A NKAYI

Brazzaville-Pointe Noire,le 25 mars 2015. La Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) informe l’opinion publique nationale et internationale de l’obstruction à la tenue d’une activité de sensibilisation, dont elle a fait l’objet lors d’un séjour de travail dans le Département de la Bouenza, par les autorités dudit département. En effet, alors qu’une délégation de la RPDH a effectué le déplacement de Nkayi le jeudi 19 mars 2015 pour y réaliser une session de sensibilisation à l’endroit du corps administratif, des ongs,  des médias et confessions religieuses, autour de l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et du suivi budgétaire, l’organisation s’est heurtée au refus catégorique du maire de la localité de Nkayi, monsieur MANDOUNOU MAGANGA, d’organiser la dite rencontre, au motif que « le contexte actuel était sensible et ne se prêtait pas à la tenue d’une telle activité subversive visant à désorienter la population et à menacer l’ordre établi. »  dixit. Il a conditionné l’organisation d’une telle réunion à une autorisation préalable du Préfet. Malgré le recours au préfet du Département monsieur TOMBET KENDET, aussi bien par la délégation RPDH que par le  Président Exécutif du Comité Exécutif ITIE Congo, la délégation n’a pu obtenir gain de cause, l’activité ayant été  purement et simplement annulée à la date prévue. Le préfet a par ailleurs prétendu qu’il n’y avait qu’un problème de « communication ».

La RPDH dénonce vivement cette entrave à la liberté d’association et de réunion, qui atteste une confiscation évidente des libertés; ce qui ne peut constituer un gage de démocratie.  » Cette attitude marque un net recul en matière des libertés dans le pays. La société civile ne saurait travailler librement et de manière indépendante dans un tel contexte d’hystérie. Ces pratiques relèvent d’un autre âge, elles sont inacceptables, intolérables et doivent être sanctionnées », a dit Christian Mounzeo, Président de la RPDH et Vice-président de l’ITIE Congo.

L’organisation tient à signaler que Le gouvernement congolais a adhéré librement à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) le 10 juin 2004 et que ce processus implique la participation de la société civile et du secteur privé. Elle souligne que dans ce contexte, l’engagement de la société civile en faveur du succès de l’initiative, symbolisé par l’accession du Congo au statut de la conformité en février 2013, a toujours été sans équivoque.

Par ailleurs, la RPDH rappelle qu’elle est une Organisation Non Gouvernementale de défense et de promotion des droits de l’homme, apolitique et non inféodée. A ce titre, son engagement vise à promouvoir l’Etat  de droit, la justice sociale au même titre qu’une gestion responsable des revenus issus du secteur extractif. Cette mission passe par la sensibilisation du public aux instruments de promotion des droits fondamentaux de la personne humaine et c’est dans ce cadre qu’elle se déploie à travers le territoire national pour vulgariser lesdits instruments.

Les dispositions de la constitution du 20 janvier 2002 stipulent, notamment en son article 21 que L’Etat reconnaît et garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d’aller et de venir, d’association, de réunion, de cortège et de manifestation. La loi de 1901 régissant l’action des associations est également claire sur le fait que le régime de l’activité des ongs est déclaratoire et ces dernières ne sont pas soumises à une quelconque autorisation pour agir. Partant, les organisations de la société civile exercent librement leurs activités et ne sont pas tenues de requérir une autorisation préalable des autorités afin d’exercer leurs mandats.

Afin de prévenir ces dérives mortifères pour la démocratie au Congo, la RPDH recommande au Gouvernement:

– De tout mettre en œuvre afin que les libertés d’association et de réunion en particulier, et toutes les libertés fondamentales en général soient respectées quelle que soient les circonstances conformément aux engagements du Congo en matière des droits humains et de bonne gouvernance;

– Garantir et assurer la sécurité  et l’intégrité tant physique que psychologique des défenseurs des droits humains dans le cadre de leur action que cela soit en matière de suivi des réformes de gouvernance en particulier que sur tous les axes de travail de la société civile au Congo;

– De respecter les instruments légaux en vigueur au Congo portant, action et  protection des droits des défenseurs des droits humains et spécialement appliquer la loi de 1901;

– Sanctionner sévèrement les auteurs des dérives visant à confisquer les libertés et donc constituant une menace potentielle à la paix et la cohésion sociale dans le pays.

 

                                                 Fait à Brazzaville, le 25 mars 2015

 

 

Contacts presse :

Christian Mounzéo, Président +242 05 595 52 46,

Franck Loufoua-Bessi, Assistant aux programmes +242 05 550 45 20

E-mail : rp.dh@laposte.net 

Site Web: www.rpdh-cg.org

Partager

Articles liés

Les différents acteurs du secteur de la gouvernance forestière, minière, foncière et climatique dans le département du Kouilou, ont été au cœur de la mise en œuvre des plans d’actions adoptés lors des consultations menées en 2023 par la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH), en particulier dans les localités de...
Les Organisations de la Société Civile (OSC), les administrations publiques, les entreprises privées, les communautés locales et populations autochtones (CLPA) impliquées dans la gouvernance forestière, foncière et climatique en République du Congo ont émis le 29 septembre dernier à Pointe-Noire, une série de recommandations dans le but de renforcer l’impact et les résultats dans la...

20 juillet 2023

Dans un développement important, le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International a achevé la troisième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour la République du Congo. Cette étape cruciale ouvre la voie à l’approbation d’un important décaissement de 43 millions de dollars, ce qui devrait avoir des implications importantes pour la stabilité économique...
Dans la région sud-ouest du Congo-Brazzaville, les communautés locales et les populations autochtones du département de la Lékoumou expriment de graves préoccupations concernant une nouvelle exigence visant à mener des activités agricoles dans les zones de savane plutôt que dans les espaces forestiers traditionnels. Ce changement s’inscrit dans les engagements du gouvernement en vertu de...
Dans le département du Kouilou, en République du Congo, les femmes des villages de Doumanga et Manzi se retrouvent à la périphérie des bénéfices générés par les activités forestières et minières. Ces femmes, directement affectées par ces activités, font face à de nombreux défis et cherchent des solutions pour les problèmes découlant des pratiques illégales...
La Coalition Congolaise Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) se dit profondément préoccupée par les dysfonctionnements et l’absence de justification des dépenses inhérentes à la lutte contre le coronavirus au cours de la période 2020-2022 au Congo.

8 novembre 2022

Résoudre le problème du changement climatique sans protéger les forêts et mettre fin à la déforestation est une tâche impossible. Partout dans le monde, les forêts fournissent d’importants services écosystémiques et moyens subsistance. Elles sont bien plus qu’une réserve de carbone qu’il faut protéger – elles l’absorbent aussi activement. Selon des estimations scientifiques récentes, les...