Déclaration des Organisations de la Société Civile

Nous, organisations  de défense des droits de l’homme et des valeurs démocratiques, signataires de la présente déclaration, témoignons notre consternation face à l’agression dont a été victime, Mr Clément MIERASSA, membre du mouvement citoyen pour le respect de la Constitution du 20 janvier 2002, le mardi 04 novembre 2014 à son domicile.

Nos organisations s’indignent quant à l’interpellation et la séquestration  dans les mêmes circonstances de plus d’une trentaine des membres du mouvement précité, réunis en Assemblée générale au domicile privé de Clément MIERASSA; certaines  personnes étant à ce jour détenues dans les locaux de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST) .

Cette intervention musclée, inopinée  des agents de police supposés garantir l’ordre public a été suivie des actes de vandalisme, d’agressions, de menaces, d’intimidations et de pillages.  Ces actes intolérables traduisent la volonté des gouvernants à vouloir intimider et mater toute démarche citoyenne appelant au respect strict de la constitution du 20 janvier 2002, dont les velléités de changement sont déjà manifestes au sein de la majorité au pouvoir. Aussi, dans une démocratie, ils portent gravement atteinte aux droits et libertés fondamentales garantis par notre Loi Fondamentale et par les instruments juridiques régionaux et  internationaux signés et ratifiés par le Congo.

Par ailleurs, nos organisations s’inquiètent de la fébrilité actuelle des forces de sécurité qui ont également interpelé et gardé en détention des enseignants de l'ENSAF ex IDR de l'Université MARIEN NGOUABI, à savoir MVOULA Thierry et le secrétaire académique Henri BOUKOULOU, pour semble-t-il des critiques prononcées à l’encontre du régime de Brazzaville.

Ces violations des droits et des libertés s’inscrivent dans un contexte marqué par la volonté des membres de la majorité présidentielle de changer la constitution en  vigueur pour permettre au président de la République de briguer un troisième mandat à la tête de l’Etat.

Nos organisations condamnent fermement ces atteintes fondamentales aux libertés. En effet, le domicile de la personne est sacré et inviolable ( cf article 9 de la constitution) et les libertés d’association, de réunion et d’expression sont également garantis par  les lois et Règlements de la République.

A la lumière de ces atteintes, nous recommandons :

  1. La fin des intimidations à l’endroit des opposants politiques et responsables des Organisations de la Société civile.
  2. La garantie des  libertés de réunion et d’expression
  3. L’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités des auteurs de ces violations et de les présenter devant les juridictions.
  4. La fin des interrogatoires « musclés » par la DGST et la libération sans conditions des personnes arrêtées et détenues.

 

Les signataires :

-          L’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme

-          La commission Justice et Paix

-          L’Association pour les droits de l’Homme et l’Univers carcéral

-          La Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme

-          Le Cercle National pour les Droits de l’Homme et la Paix

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